Le Marais Poitevin



Notre maison brûle. Et si on arrêtait de regarder ailleurs ?

Lundi 13 Avril 2020


Confinement, Coronavirus, soins intensifs, gestes barrières, masques FFP2, solution hydroalcoolique… En quelques jours ces vocables anxiogènes nous sont devenus familiers, saturant nos quotidiens confinés hypermédiatisés. Confrontées à une situation inédite, nos sociétés réagissent à une agression aussi invisible que tueuse en tentant frénétiquement d’y apporter du sens et les mots tournent en boucle comme des papillons de nuit sous un lampadaire. L’histoire de ce printemps 2020 s’écrit avec des : attestation de déplacement, chômage partiel, Covid 19, distanciation sociale, chloroquine… Mais déjà, dans les interstices de plus en plus larges laissés par la sidération d’origine la petite musique du monde d’après commence à s’immiscer… Des notes familières que l’on percevait déjà avant le grand blocage généralisé résonnent de plus en plus fort comme une confirmation.

Et si cette crise nous offrait l’opportunité de changer ?

C’est par cette question que s’ouvre la nouvelle séquence dans laquelle nous allons bientôt tous baigner. « Les crises les maladies ne surgissent pas par hasard, elles nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, expérimenter un autre chemin de vie », disait le psychiatre Carl Jung au début du XXe siècle. Quant au président allemand Franck-Walter Steinmeier, il prend le contrepied d’Emmanuel Macron en soutenant que « non, nous ne sommes pas en guerre mais plutôt face à un test pour notre humanité ». D’autres voix ont commencé à introduire la nouvelle donne en utilisant des arguments imparables. D’abord la pandémie révèle notre incroyable vulnérabilité et nous invite plus que jamais à l’humilité. D’ailleurs, ceux qui ont bombé le torse au début de la crise, les chantres du « on continue comme avant » sont rapidement rentrés dans le rang. Humilité, voilà qui nous place déjà dans de bonnes dispositions pour envisager tout changement, comme le rappelle Erik Orsenna, romancier et ambassadeur de l’Institut Pasteur.


Maintenant il va falloir obéir à quelques règles fondamentales.

A commencer par celle du respect de l’unité de la vie. Clamés par de nombreuses voix parfaitement inaudibles ces dernières années, ce principe nous dit que sur terre tout est plus ou moins relié. Que faune, flore et tout ce qui compose l’environnement, êtres humains y compris, fonctionne en interdépendance. Si un maillon flanche, c’est toute la chaîne du vivant qui craque. Sur ce point on peut dire que nous jouons avec le feu depuis un petit moment. La pandémie explose dans un contexte environnemental hautement fragilisé par des dérèglements profonds. Ce n’est sans doute pas un hasard.
Et si la pandémie et le confinement de plus de la moitié des êtres humains était l’occasion de réaliser la communauté de nos destins ? Des milliards d’individus soudain contraints au confinement, vivant la même chose au même moment c’est assez vertigineux non ? Là où les crises du XXe siècle ne sont pas parvenues à nous faire prendre conscience de cette dimension commune, le Covid 19 a des atouts pour réussir. Comme le souligne le sociologue Edgar Morin : « la mondialisation n’est rien d’autre qu’une interdépendance sans solidarité ». Et si on profitait de la crise pour passer à autre chose ? Les événements nous invitent aujourd’hui à changer. A partir de maintenant on peut espérer qu’une nouvelle histoire s’impose, avec des mots comme : sobriété, réseau local, recherche et développement, agilité, voisinage, nature… C’est celle que nous allons vous raconter maintenant.

Karl Duquesnoy
Rédacteur en journalisme et communication à Sevreau dans le Marais Poitevin

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prequel_corona_marais_v2.mp3 Préquel Corona Marais V2.mp3  (3.76 Mo)



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